Publié par : Carolina Gaudi le : février 21, 2009
La livraison mensuelle de CQFD, l’excellent journal “erroriste” marseillais, nous embarque dans le pharaonique projet Gran Scala, qui cherche à faire pousser un petit Las Vegas en plein désert d’Aragon, en Espagne (près de Saragosse, cf le plan). Ça donne le tournis (et c’est fait pour ça) : 32 casinos, 70 hôtels, 232 restaurants, 500 boutiques, un hippodrome, un parcours de golf et divers parcs d’attractions et musées d’ici 2015. Promesse fatale : 65 000 emplois «directs». Investissement initial: 17 milliards d’euros. Les taxes sur les jeux rapporteraient 677 millions d’euros à la région et 1 milliard à l’Etat espagnol. Imaginé en juillet 2007, première pierre attendue en 2010. Pas mal, ce mégacomplexe de l’argent roi en pleine crise mondiale. Espérons que c’est ce genre de projet obscène qui subira en premier les retours de manivelle du capitalisme triomphant…
Parmi les “attractions” devant se greffer sur Gran Scala, le projet “Spyland. Non non, c’est du sérieux. Cocorico, c’est même une boite française qui a inventé ce concept fumeux de «parc à thème sur les agents secrets». On phosphore dessus depuis 1996. Mais en France ça n’a jamais pris. Merci Gran Scala, raconte le patron du projet Spyland Didier Rancher :
Plusieurs collectif d’opposants ont germé, dont la plateforme Stop Gran Scala. Ils ont aussitôt été contré sur le web par un blog en plusieurs langues, dont le contenu fait mine de “débattre”, alors que ses articles restent toujours hyperfavorables au projet. Aux dernières news, trois administrateurs d’International Leisure Development — ILD, le promoteur de ce parc à flouze — se sont déplacés début 2009 à Otiñena, la ville située au coeur du complexe. Ils ont signé les premiers contrats qui leur octroient une option d’achat sur 1.000 des 2.500 hectares prévus. Le gouvernement local de l’Aragon s’active pour adopter une loi sur mesure avant l’été.